Intérêt prépondérant

La réponse de l'autorité fédérale est claire: il y a un intérêt prépondérant de l'exploitant à établir une telle liste. Mais attention, à certaines conditions seulement. Il faudra notamment que les clients soient informés, au moment de la réservation par exemple, du risque qu'ils encourent de se retrouver sur la fameuse liste en cas de non-paiement ou de dégâts. Ceux-ci doivent aussi disposer d'un droit d'accès et de «rectification» auprès de l'organe qui gère le fichier. En outre, ce dernier ne devra en aucun cas être accessible au public. Quant à sa validité, elle ne pourra pas excéder deux ans.

Contactée hier, l'association faîtière des hôteliers suisses reconnaît que cette initiative répond à une demande de plusieurs membres. «Nous travaillons effectivement sur un concept de liste qui pourrait inclure les noms de mauvais payeurs mais aussi celui d'intermédiaires, comme des agences de voyages», explique Eva Strebel, au département communication d'Hotelleriesuisse. Sensible, le projet est encore en gestation. Et au sein même de l'association, certains ne cachent pas leur hostilité. «Je ne vois pas vraiment l'intérêt d'une telle banque de données. C'est à la police de faire ce genre de travail», estime le vice-président d'Hotelleriesuisse, Claudio Casanova. Ce dernier, qui gère aussi le Grand Hôtel du Golf à Montana-Crans, ajoute que les établissements haut de gamme sont finalement peu concernés par la filouterie et le vandalisme. «Les chambres sont payées d'avance par cartes de crédit. Quant aux dégâts au mobilier, même si certains font parfois un peu trop la fête, généralement ils ont les moyens de rembourser...»

Réservations bidon

Toutefois, certains clients des petits établissements ne sont pas toujours aussi bien disposés. «Le problème se pose aussi avec des gens qui réservent, sans carte, dans trois ou quatre endroits différents en pleine période estivale», précise Nicole Neyroud, responsable pour la Suisse romande de Bed & Breakfast Switzerland. L'association, malgré la pression de certains membres, doute de l'efficacité d'une liste noire. «Il est facile de s'inscrire sous un faux nom», rappelle Nicole Neyroud. «Pour l'instant, j'incite donc les exploitants à demander un paiement bancaire ou postal avant d'enregistrer la réservation.»

Réf. : Tribune de Genève